2 – La liberté
        Liberté justement, c’est le deuxième point. Très tôt mon caractère, non pas d’enfant gâté comme on pourrait le croire au regard des efforts que fit pour moi mon père, tant il eut d’attention et d’opiniâtreté pour que l’Europe admire l’enfant qu’il … fabriquait, – avec l’espoir secret, que Dieu me le pardonne, de gagner quelque argent alors qu’il eut à peine de quoi payer les frais –, mon caractère disais-je se révéla rebelle, et plus je découvrais, plus il m’était pénible de plier sous un joug. Quand je fus à Paris pour la seconde fois, – j’avais vingt et un ans–, avec ma pauvre mère qui y perdit la vie, dans l’espoir de trouver poste à ma convenance, ou commande, ou concert qui m’eut enfin permis de prouver mon talent, – bon sang que ce fut dur de n’être plus enfant puisque tout ce qui vient d’un vieil adolescent ne peut plus étonner la noblesse futile –, alors que tout mon cœur était à Mannheim dans les mains d’Aloysia dont je souffrais l’absence, alors que je courais de palais en hôtels, alors que les médiocres récoltaient les honneurs et que je me battais pour gagner quelque sou, je devais supporter toutes les remontrances que me faisait mon père dans ses nombreuses lettres: je n’étais qu’un prodigue, un fou, un innocent qui vivait dans son rêve et gaspillait l’argent, qui ne tenait pas compte des désirs du public, n’en faisait qu’à sa tête et n’était qu’un enfant. Je devais obéir à ce père jaloux qui ne supportait pas de perdre son pouvoir, et obéir en plus à ce vieux baron Grimm chez qui je résidais sur l’ordre de mon père, qui cafardait sans cesse en mentant à foison, et qui me trahissait comme il avait trahi le merveilleux Jean-Jacques qui dans les confessions nous en fait le portrait.
        Obéir je veux bien, mais obéir à qui? À la vieille perruque d’un baron empoudré parce qui ce Monsieur porte un titre, une épée? « Qui êtes-vous Madame, dis-je à la Pompadour du haut de mes sept ans, pour ainsi refuser de donner un baiser quand notre impératrice m’a elle-même embrassé? » Faut-il courber l’échine sous prétexte qu’un comte, un prince, un archevêque nous traitent comme un chien, un gueux, un domestique ? 
« Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard d’une « naissance heureuse. Et moi ce que je suis, je ne le dois qu’à moi. « Des princes en Europe, il y en a eu tant, des milliers enterrés, et« autant à venir. Alors que des Beethoven, il n’y en aura qu’un ! »
	Voilà ce que cet homme auquel j’ai cru bien peu écrivit un beau jour au prince Lichnowsky qui l’avait menacé de le mettre aux arrêts. Et comme il eut raison de suivre mon exemple, même si cela conduit… à la fosse commune
        L’Archevêque ?Le prince Colloredo? Parlons-en! Un despote, un inculte, un être méprisant, qui traîne et se pavane «dans une cour de gueux, insulte,vocifère,humilie et s’acharne, qui oblige à goûter sa musique de merde et cherche à couillonner le meilleur des valets, s’entourant de serpents, des najas, des vipères, toutes les âmes viles étant faites ainsi : hautaines, méprisantes et fières à vomir, elles deviennent rampantes dès que montent la voix : dégoûtant . […] Je hais l’Archevêque jusqu’à la frénésie ! »
        Oui, oui j’ai écrit cela en Mai quatre-vingt-un, m’adressant à mon père qui en fut effondré, lui qui espérait tant que je prenne sa place, résigné, asservi, docile et abattu.
         Je fus donc le premier à claquer fort la porte, recevant pour salaire un « coup de pied au cul », humiliation suprême assénée par Arco qu’on me disait ami et qui n’obéissait qu’aux ordres supérieurs. Cette double rupture, celle si difficile avec mon pauvre père, effaré de me voir en oiseau qui s’envole, celle tant espérée avec Colloredo désormais révélé en « ennemi des hommes » tel qu’il fut appelé par le moindre laquais, m’avait enfin permis de devenir adulte et de trouver la paix avec l’adolescent exigeant, fébrile et passionné que mon père craignait, sans doute pour lui même, et que l’ « Outrecuidant » voulait anéantir. Vous comprenez mes frères combien la liberté fut pour moi d’importance, et pourquoi aujourd’hui, je suis là parmi vous. […] »

4 – Le génie
[…] « On croit en général qu’il me fut bien facile de devenir Mozart … Détrompez-vous! Personne d’autre que moi n’a eu autant de mal à étudier les lois de la composition et l’art de composer, et il n’est pas facile de retrouver chez moi quelque maître célèbre que je n’aie travaillé avec application et souvent étudié, de nombreuses reprises en intégralité. » […]

Presentation du recueil De l’ombre a la Lumiere, commande du Grand Orient De France pour le 250eme anniversaire de la naissance de Mozart

SOMMAIRE
P r e m i è r e   p a r t i e

Wolfgang Amadeus Mozart
  1 - Ma jeunesse
  2 - La liberté
  3 - Le rôle des maçons
  4 - Le génie
5 - Les secrets de ma musique
  6 - L'adieu

D e u x i è m e   p a r t i e

La Flûte Enchantée
  1 - La légende
  2 - Trois raisons
  3 - Les origines maçonniques
  4 - La Flûte Enchantée
  5 - Le symbolisme
  6 - Le chiffre "Trois"
  7 - La Lumière
T r o i s i è m e   p a r t i e

Joseph Haydn


Q u a t r i è m e   p a r t i e

Le rebelle
 1 - La misère
2 - Salzbourg, la ville du sel
 3 - Vienne: la rupture
 4 - La famille Mozart
 5 - L'affirmation
 6 – Le mythe et ses limites


É p i l o g u e

La chaîne d'union
        Deuxième commande  réalisée pour le Grand Orient de France après la suite musicale «Des ténèbres à l'Etoile», «De l’ombre à la Lumière» réunit plusieurs conférences présentées depuis janvier 2002.  Aux chapitres «Wolfgang Amadeus Mozart» et «La Flûte Enchantée» a été ajouté cette année «Mozart le rebelle» pour constituer un ensemble complet aujourd’hui en cours de publication.
      Refusant le concept réducteur de “l’enfant prodige”, Jean-Pierre Chalet a souhaité approcher au plus près la personnalité d’un homme     totalement engagé dans son combat pour la liberté, autant par ses lettres, celles de son père et de ses amis, que par ce que révèle sa musique.
        L’originalité du texte tient au discours qu’aurait pu tenir Mozart lui-même en assistant à une réunion maçonnique au cours de laquelle il nous confierait les grandes orientations qui ont dirigé sa vie.
         L’écriture en alexandrins, réservée aux propos de Wolfgang, l’analyse de quelques extraits musicaux, le parallèle avec Johannes Vermeer et les illustrations choisies pour accompagner le texte, font de ce recueil un ensemble unique et surprenant qui rompt délibérément avec les images d’Épinal colportées et toutes les idées reçues, disant en substance que Wolfgang Amadeus Mozart mérite tout de même mieux que la caricature de marionnette géniale fabriquée et manipulée par Dieu depuis sa tendre enfance.http://www.godf.org/Des_tenebres_a_lEtoile.htmlMozart-La_Flute_Enchantee.htmlMozart-La_Flute_Enchantee.htmlMozart-La_Flute_Enchantee.htmlMozart_le_rebelle.htmlshapeimage_6_link_0shapeimage_6_link_1shapeimage_6_link_2shapeimage_6_link_3shapeimage_6_link_4shapeimage_6_link_5
    Les trois premières parties de ce recueil ont fait l’objet d’un enregistrement  paru sous forme de deux CDs présentés ici dans la rubrique “Discographie”. 
    Au texte intégral ont été joints de larges extraits musicaux pour permettre à l’auditeur de rencontrer Mozart dans toute sa dimension, tant humaine qu’émotionnelle.
    Ces enregistrements, propriétés de l’auteur,  sont disponibles sur demande. 
contact@jpchalet.commailto:contact@jpchalet.comshapeimage_7_link_0
Plan du sitePlan_du_site.htmlshapeimage_8_link_0
L’ improvisation JazzImprovisation_Jazz.htmlImprovisation_Jazz.htmlshapeimage_9_link_0shapeimage_9_link_1
Mozart - La Flûte EnchantéeMozart-La_Flute_Enchantee.htmlshapeimage_10_link_0
Mozart franc-maçonMozart_franc-macon.htmlshapeimage_11_link_0
Musicien aujourd’ huiMusicien_aujourd_hui.htmlshapeimage_12_link_0
            EcritureEcriture.htmlshapeimage_13_link_0
La Ci DaremSecrets_d_artistes/Entrees/2007/8/26_La_Ci_Darem.htmlshapeimage_14_link_0
Mozart le rebelleMozart_le_rebelle.htmlshapeimage_15_link_0